L’idéal réalisé

Berthe Grialou est née au Gua (Aveyron) le 29 décembre 1902. Dernière des cinq enfants de la famille, soeur et filleule du Père Marie-Eugène, elle est unie à lui par de profonds liens surnaturels. Une communion de grâce lie sa vocation à celle de son frère et les lettres qu’il lui adresse en témoignent. Elle sait mettre à profit ses conseils et les partage avec d’autres.

Berthe est engagée dans la vie professionnelle tout d’abord comme institutrice dans son village natal, puis comme employée à Paris dans une Compagnie d’assurances. C’est alors que guidée par le Père Marie-Eugène, elle découvre les saints du Carmel et s’engage dans le Tiers-Ordre carmélitain le jour où lui-même fait profession solennelle dans l’Ordre, le 11 mars 1926.

Non sans avoir résisté, elle est saisie par la grâce mariale de Notre-Dame de Vie qui la conduit à se donner totalement au sein de la jeune fondation. Elle entre à Notre-Dame de Vie le 29 septembre 1939 alors que la guerre vient d’éclater.

Elle expérimente particulièrement la puissance maternelle de la Vierge à son égard lorsque Marie la sauve d’un grave accident, le 18 août 1942. Économe dans divers établissements, elle accomplit sa tâche humblement, avec une bonté rayonnante qui se manifeste aussi dans sa paroisse et son quartier. Elle vit de la maxime de saint Jean de la Croix : "Là où il n’y a pas d’amour, mettez de l’amour", tout en éprouvant une douloureuse pauvreté intérieure.

Le soir du 2 janvier 1958, Berthe meurt, seule dans son appartement d’Avignon, dépouillée, pauvre, réalisant jusqu’au bout la grâce de sainte Émérentienne que le Père Marie-Eugène avait donnée comme modèle aux membres de l’Institut Notre-Dame de Vie :

"Berthe a réalisé l’idéal de Notre-Dame de Vie d’une manière vivante. Elle a réalisé renseignement donné. Regardez-la : à côté de l’enseignement donné vous trouverez pauvreté, effacement, simplicité. Elle est à côté de sainte Émérentienne".